Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/378

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À Albert de Broglie[1].


Hauteville-House, 27 janvier [1862].
Monsieur,

Nous appartenons, vous et moi, à deux groupes d’idées, à coup sûr, bien différentes, mais je sens tout ce qu’il y a d’élevé et de noble dans votre esprit. Vous avez cette générosité d’âme qui est la source même du talent.

Mon absence de France est une protestation pour la France ; il n’y a pas pour moi de France sans liberté ; ce sentiment est aussi le vôtre. Cette volonté d’être libre, qui est le mens divinior de l’écrivain, vous l’avez, monsieur, aussi je suis certain que, dans un avenir qui m’est inconnu, nous pourrons bien avoir quelques dissidences comme collègues, mais que, comme confrères nous nous serrerons toujours la main.

Recevez, je vous prie, l’assurance de ma haute considération.

Victor Hugo[2].


À Albert Lacroix[3].


H.-H., 3 février [1862] lundi.

Je prends cette page blanche pour vous et pour moi, cher monsieur Lacroix. Je viens de m’apercevoir, à l’instant même, par les dernières épreuves arrivées, que votre tome II n’avait que dix-sept feuilles. Ce n’est vraiment pas assez. Le premier n’en a que vingt, ce qui est déjà un minimum.

  1. Inédite. — Albert de Broglie, homme d’État et historien monarchiste, catholique, a laissé plusieurs ouvrages d’histoire.
    Le 16 janvier 1862, Albert de Broglie avait écrit à Victor Hugo la lettre suivante :
    « Monsieur, candidat à l’Académie Française pour la place laissée vacante par la mort du Père Lacordaire, j’ai le regret de ne pouvoir me conformer à l’usage en venant personnellement vous demander de m’être favorable. Vous me permettrez cependant de saisir cette occasion pour vous exprimer toute la sympathie que m’ont inspirée les injustices qui vous ont frappé, et dont vous prolongez, en ce moment encore, la rigueur par un dévouement volontaire.
    Veuillez agréer, Monsieur, les assurances de ma haute considération.
    Albert de Broglie. »
    Abbé Brémond. Revue des Deux-Mondes, novembre 1925.
  2. Communiquée par le duc de Broglie, petit-fils d’Albert de Broglie.
  3. Inédite.