Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/413

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À Auguste Vacquerie[1].


H.-H., 30 juin [1862].

Encore une admirable lettre ! Je la lis avec bonheur, et comme vous, cher Auguste, j’ai le serrement de cœur de la fin. Ce que vous me dites de mes chapitres, je vous le dis de vos lettres. Ainsi toutes les répliques profondes, charmantes, émues, superbes, que votre pensée donnait à la mienne, c’est fini. J’attendais le courrier avec impatience. Chacune de vos lettres était pour moi comme une récompense. Je sentais mon œuvre palpiter dans votre grand esprit et dans votre grand cœur. Les paroles d’un homme comme vous ont l’accent même de la postérité. L’avenir, dont vous êtes plein, parle par vous. Vous ressemblez à la gloire disant son avis. Merci des profondeurs de mon cœur.

Vous avez été, Meurice et vous, incomparables. J’ai droit à des ennemis monstrueux puisque j’ai de tels amis.

Enfin voilà le livre paru, vous êtes délivrés. Moi, je suis attendri.

Je suis inexprimablement vôtre.

V.[2]


À Nefftzer[3].


Hauteville-House, 1er juillet [1862].

Le Temps du 29 juin m’arrive. Je viens de lire les quarante lignes écrites par vous sur la fin des Misérables, prenez-vous-en à vous, ami des bons et des mauvais jours, je suis ému et charmé, et je viens vous demander de faire vous-même le compte rendu de ce livre, dont excepté vous, il n’a pas encore été parlé dans Le Temps. Vous voyez que je suis ambitieux. C’est à la tête que je m’adresse. C’est à l’esprit-chef.

Oui, vous Nefftzer, avec votre noble conscience, avec votre cœur charmant, avec votre esprit où la grandeur allemande se complète par la lumière française, avec votre beau style net et en même temps profond, avec votre amour de l’art et du peuple, avec votre science du réel et votre intuition de l’idéal, vous ferez sur Les Misérables une chose admirable, vous

  1. Inédite.
  2. Bibliothèque Nationale.
  3. Inédite.