Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/541

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pathie que vous me témoignez si noblement chaque jour. Je suis à ce qu’il paraît — en plus d’un lien littéraire et politique — impopulaire ; ce qui ne m’étonne pas, car on m’assure que Sa Majesté Napoléon III a la bonne fortune d’avoir supprimé la liberté, le droit, la tribune, la presse, la parole, le progrès, et même un peu le peuple, et d’être populaire. Si cela est, je me trouve bien comme je suis. L’envie ou l’applaudissement à Louis Bonaparte et la huée pour Victor Hugo. Passez-moi ce manque de modestie.

Je n’en sens que plus profondément la cordialité des nobles esprits et des nobles âmes. C’est une joie pour moi d’être en communion et en sympathie avec votre talent fier, exquis et libre. C’est une joie de le sentir et c’est une joie de le dire.

Nous nous sommes vus à Bruxelles il y a cinq ans, et cette rencontre est une des douces journées de mon exil.

Trouvez bon que je vous envoie ce que j’ai de meilleur dans le cœur.

Victor Hugo[1].


À Madame Victor Hugo. À ses fils[2].


H.-H., 14 mars [1866].

Je prie mon Victor d’envoyer sûrement la lettre à M. G. Millot. Elle en contient une pour Rogeard. Vous pouvez tout lire. — Je vous envoie un frontispice pour M. Baudelaire. Il a fait la sourde oreille aux Ch des R. et des B. mais je vous laisse juges. Envoyez-le-lui, si vous le trouvez bon.

Paul va bien. Après avoir chuté les Ch. des R. et des B. au profit du Lion Ponsard[3], il chute maintenant (11 mars) et d’avance Les Travailleurs de la Mer au profit de la Contagion-Augier. Qu’en dites-vous ? — M. Millaud est charmant. Il m’envoie Le Soleil et Le Petit Journal (grand format). Vogue donc la galère des Travailleurs de la Mer. — Rappelez à M. Lacroix que je tiens à l’envoi des exemplaires belges, vraie édition princeps.

Je vous embrasse, mes bien-aimés[4].


À Paul Meurice[5].


H.-H., Dimanche, 18 mars [1866].

Je vous réponds bien vite, sans solution pourtant. Je cherche et je creuse. Nous finirons par trouver. J’ai la même pensée et le même désir que vous.

  1. La Presse, février 1902.
  2. Inédite.
  3. Le Lion amoureux.
  4. Bibliothèque Nationale.
  5. Inédite.