Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/578

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teur le voulant, il est certain que cela sera. Je serai pour vous l’occasion d’un monument de plus.

Je vous envoie mes applaudissements et en remerciement mes effusions les plus cordiales.

Victor Hugo[1].


À Paul Meurice.


H.-H., dimanche 19 décembre.

J’ai une tristesse, vous la devinez. Que vais-je devenir tout seul ? Vous avez une idée. Je l’épouse, il est naturel que je vous suive. Je signe un traité, j’écris une préface, et quand c’est fait, voilà que vous n’êtes pas du livre[2] ! ni Auguste ! ni aucun de mes fils ! C’est à n’y rien comprendre. Est-ce que c’est donc irrémédiable ? Je ne sais que faire. Comme on est bête quand on est absent. Quelle paralysie que la distance ! Écrivez-moi et rassurez-moi, et, s’il est possible, s’il n’y a pas d’obstacle de premier ordre, ce que j’ignore, rentrez avec moi. Quid sine te ! Et transmettez ce vœu à Auguste, et aimez-moi.

Oui, je vous serai obligé et reconnaissant de me faire admettre dans la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique. Voudrez-vous adresser la demande en mon nom au président de la Commission et au siège de la Société, 19, faubourg Montmartre. À propos de commission, que fait la Commission dramatique ? La pieuvre Bagier nous suce bien paisiblement, ce me semble.

Encore une prière ; vous connaissez ce charmant écrivain M. Henri Rochefort, il est de vos amis ; savez-vous s’il est de retour à Paris ? et voulez-vous lui transmettre ce mot ? Je cherche à l’attirer à Guernesey. Oh ! comme je vous y voudrais ! car moi aussi je suis une pieuvre, et rien n’est tenace comme une vieille amitié.

Ubique et semper tuus.

V.[3]
  1. Gustave Doré, par Édouard Tromp, 1932.
  2. Paul Meurice avait eu l’idée du livre Paris-Guide : il en avait donné le plan, les divisions et avait même décidé plusieurs écrivains illustres à y collaborer : Michelet, George Sand, Littré, etc. Lacroix l’avait prié de remettre tout son travail préparatoire à Louis Ulbach qui devenait le directeur de l’entreprise. Les sujets qui auraient pu être traités par Paul Meurice furent distribués à d’autres, Paul Meurice n’avait donc plus qu’à se retirer.
  3. Correspondance entre Victor Hugo et Paul Meurice.