Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome IV.djvu/120

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le cœur. Je vous aurais paru un peu moins réservé peut-être, mais je serais plus tranquille.

Je lui envoie quelques livres et un petit joujou de friandise qu’elle voudra bien sans doute accepter de moi. Si elle a quelque désir, quelque fantaisie que je puisse satisfaire, veuillez, de grâce, être assez bonne pour m’en instruire ; elle sait que tous mes instants sont à elle avant d’être à moi, et qu’il n’est aucune occupation que je n’abandonne avec joie pour le bonheur de la servir. Je tâche de me persuader qu’elle ne souffre pas ; si elle s’ennuie ces livres l’intéresseront peut-être. Il est un ennui bien pire que celui de la maladie, et pour lequel les livres ni les distractions du monde ne sont point un remède ; c’est l’ennui de l’isolement. Celui-là, elle ne le connaît pas.

Adieu, madame, veuillez bien agréer et lui faire agréer mon profond et respectueux dévouement.

V.[1]


À Monsieur Foucher[2].


Mardi soir.

J’ai l’honneur d’envoyer à M. Foucher quelques livres. Je désire qu’ils lui offrent quelque intérêt ; j’y joins un volume des Annales que j’ai promis à Paul en attendant le 2e vol. de l’Énéide.

Je pense que Monsieur Foucher se porte bien et j’espère que lorsqu’il sera sorti de son régime, il me permettra de lui chercher quelque autre distraction que des livres. Tout continue à marcher ici paisiblement ; mais qu’il y a loin encore de la paix au bonheur ! — J’ai besoin de considérer cette espérance comme une certitude ; en tout cas, avec ou sans elle, Monsieur Foucher sait que je serai toujours son plus dévoué serviteur.

Victor.

Si Monsieur Foucher a lu quelques-uns des livres que je lui ai fait remettre et peut sans se gêner les donner à ma messagère, elle est chargée de les prendre, afin d’éviter la peine de me les renvoyer. — Mes hommages respectueux à ces dames.

La Réponse est du 16 août 1821. Paul s’est jeté sur les Annales[3].

  1. Bibliothèque Nationale.
  2. Inédite.
  3. Bibliothèque Nationale.