Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome IV.djvu/127

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Quelques renseignements cependant m’avaient fait présumer que vous étiez délivré ; mais sans me faire savoir si votre délivrance était venue d’où elle devait venir, et si les démarches toutes simples que j’avais été assez heureux de faire pour vous avaient eu le succès dont on m’avait flatté.

Je vous dois, monsieur, des explications pour que vous ne supposiez pas que j’aie pu être un moment indifférent à votre sort ; soyez convaincu que je prends une part aussi vive à vos joies qu’à vos peines.

C’est de ces sentiments que j’irai vous assurer moi-même sitôt que mes occupations nombreuses et un mal d’yeux qui me tourmente en ce moment me le permettront ; et je vous prierai surtout de ne point me parler de reconnaissance ; soyez assuré que vous ne m’en devez aucunement. Je n’ai rien fait pour vous qui ne fût dans ce que je considère comme la ligne rigoureuse de mes devoirs ; et si l’un de nous doit des remerciements à l’autre, c’est moi, monsieur, qui vous en dois pour le plaisir que m’a fait votre noble façon de sentir. Je vous l’ai déjà écrit, et je vous le répète.

Adieu, monsieur, rétablissez-vous, et venez me voir quand vous pourrez. Cela ne me privera pas du plaisir de vous voir, car j’espère bien vous prévenir. Mais surtout qu’il ne soit question ni de devoirs, ni de gratitude. Vouez-moi seulement quelque amitié en échange d’un bien sincère et bien parfait dévouement.

Victor M. Hugo.

Faites agréer mes empressés hommages à madame Magalon[1].


À Monsieur Belmontet[2].


24 juin.

Votre lettre, mon cher Belmontet, m’a fait un vif plaisir. Toute votre âme y respire. Vous avez de ces nobles paroles d’honneur et de vertu qui plaisent : car elles sont rares.

Vos beaux vers[3] ont été dans l’Étoile l’objet de quelques honorables injures[4], dans la Muse d’éloges vrais et sentis. Au reste vous devez avoir lu l’article ; mon seul regret est que vous n’y soyez pas seul. Il est vrai que vos compagnons ne gagnent rien à être vus près de vous. C’est un triomphe de plus que vous a ménagé l’auteur de l’article.

Courage, mon ami ! Vous êtes dans cette belle voie où il y a tant de

  1. Communiquée par la librairie Cornuau.
  2. Inédite.
  3. Les Tristes.
  4. L’Étoile, 18 juin 1824.