Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome IV.djvu/144

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qu’il m’envoie par la poste. Ayant laissé écouler toute la journée d’hier sans recevoir de réponse, j’ai fait signifier à M. Gosselin la sommation qu’il a dû recevoir ce matin. Maintenant on m’apporte une lettre de M. Gosselin dans laquelle il dit n’avoir pas reçu ma réponse. Je suis convaincu du contraire. C’est une chicane ajoutée à toutes les misérables chicanes de ce procès. C’est un délai de plus ajouté à tous les délais dont M. Gosselin a entortillé nos relations dans le traité qu’il m’a odieusement imposé. M. Gosselin est coutumier du fait. Déjà pour Marion de Lorme il avait refusé de donner reçu de mes lettres et j’ai les siennes où il en convient et qui le prouvent. Cependant, pour mettre toute chicane à néant, je crois devoir lui envoyer aujourd’hui 5 octobre le duplicata de ma lettre du 3. Je le transcris ici à la suite de cette lettre que je porterai moi-même chez M. Gosselin. Le voici. Il contient les offres qui me sont faites, lesquelles offres je certifie sincères. M. Gosselin est à présent en demeure. Qu’il se décide.

Je le préviens que je garde copie de toutes les lettres que je lui adresse. Cela m’est nécessaire pour l’écrit que je prépare sur son compte, et qui sera, j’espère, amusant et curieux. Je le préviens en outre que j’ai déjà des offres excellentes pour la publication de cet ouvrage à l’époque où sera appelé le procès que me fait M. Gosselin ; mais, si M. Gosselin les égale, c’est lui qui aura la préférence et qui le publiera. — M. Gosselin voit que je tiens à exécuter le traité.

Son très humble serviteur.

Victor Hugo[1].


Duplicata de la lettre écrite par moi à M. Gosselin
le 3 octobre, heure de midi.

J’ai l’honneur de vous faire savoir, Monsieur, qu’un libraire m’offre de traiter pour le nouveau recueil de mes poésies aux conditions suivantes :

6 000 francs pour 4 000 exemplaires.

Le paiement sera ainsi fait :

1 000 francs comptant.

1 000 francs payables à deux mois de la remise du manuscrit.

1 000 francs à quatre mois.

1 000 francs à six mois, et ainsi de suite, 1 000 francs de deux mois en deux mois jusqu’au complément des 6 000 francs.

Au bout d’un an je rentrerai dans ma propriété.

  1. Collection Louis Barthou.