Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome IV.djvu/263

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charger sa mémoire amie. La mer rend en ce moment la poste fort intermittente. Cependant nous avons reçu un assez grand nombre de journaux. Il me semble que, selon votre prophétie, ce livre va à merveille. Je ne sais toujours pas si mes envois, dont vous avez transmis le soin à Hetzel, ont été faits. S’ils étaient restés confiés à vos mains de providence, je ne m’en informerais même pas. Serez-vous assez bon pour en prendre souci ?

Voudrez-vous vous charger de faire parvenir ces deux lettres (Dumas — Jourdan).

Je suis inexprimablement à vous.

Que se passe-t-il à la Presse ? Qui parlera du livre ? Peyrat et Gaiffe me convenaient fort[1].


Au même[2].


6 octobre.

Cher Meurice, il me semble que tout va bien, par les journaux belges que je reçois en masse et que Parfait m’envoie, mais non par les journaux de Paris, car il ne m’en arrive pas. Je ne m’aperçois que trop que vous, la Providence, vous vous êtes retiré de la chose. Et vous avez bien fait du reste, puisque cela n’engendrait pour vous qu’ennuis et déplaisirs de toute sorte, sans compter votre temps si précieux que tous ces soins vous gaspillaient. Depuis six jours, pas de lettre d’Hetzel, aucune nouvelle, rien qui ressemble à ce flot de journaux, grands, petits, politiques, littéraires, etc., que vous m’envoyiez à l’époque des Contemplations. Cela fait un effet bizarre, il semble que le livre fait une sensation énorme — en Belgique. — J’en ris et j’en bisque.

On attribue ici le silence persistant des Débats à la publication faite il y a plus d’un mois (d’Éve et d’un autre fragment) par la Revue des deux mondes. De là, bouderie des Débats. Je laisse faire ces conjectures sans m’y associer. Qu’y a-t-il de vrai ? vous me le direz.

Y a-t-il eu aussi silence et absence de citations dans le Charivari, le Figaro, la Gazette des Théâtres, etc., etc., le Messager, le Courrier de Paris, etc. ?

Quand c’était vous, nous recevions tous ces journaux-là.

Car vous savez, vous âme si grande et si délicate, ce qui charme les absents et combien sont précieuses aux exilés ces pages encore toutes tièdes du souffle de Paris.

Hetzel est un charmant et spirituel garçon, mais il n’a guère le tempérament des petits soins. Voilà ce que c’est, cher doux poëte, que d’avoir été

  1. Bibliothèque Nationale.
  2. Inédite.