Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome IV.djvu/264

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gâté par vous ! je deviens exigeant jusqu’au ridicule, et Hetzel d’en rire. — Cependant j’ai une inquiétude réelle. C’est pour les envois d’exemplaires, et de pages écrites par moi, à mes amis. Je doute que Hetzel ait fait cela exactement et soigneusement, et me voilà brouillé avec le monde entier.

Je vous verse à flots mes petits ennuis. Pardonnez-le moi et aimez-moi.

V.

Je serais injuste pourtant de ne pas dire que trois ou quatre journaux de Paris me sont arrivés depuis le 1er octobre. Je suis convaincu que c’est encore à vous que je les dois et que, en dépit d’Hetzel, vous n’avez pas voulu donner tout à fait votre démission. Est-ce qu’on peut fatiguer votre admirable amitié ? est-ce qu’on épuise l’inépuisable ?

Voulez-vous vous charger de faire remettre ces quelques lettres (Peyrat, Pêne, Baudelaire, Lévêque, Mme Leymarie).

Maintenant parlez-moi de votre pièce, dites-moi où vous en êtes. Dites-moi quand vous passez. Vacquerie est heureux ; le voilà près de vous. Il va pouvoir vous entendre et vous applaudir. Ce sera, comme toujours, un triomphe. Est-ce que, quand vous aurez encore enjambé ce succès-là, vous ne viendrez pas nous voir un peu. Serrer votre main de temps en temps, cela fait partie de ma santé et de ma vie.

Mettez-moi aux pieds de votre noble et ravissante femme. Tout mon goum ici vous aime et vous embrasse[1].


Au même[2].


7 octobre.

Ecce iterum. — J’ai recours à vous, præsidium meum. Hetzel est à Spa d’où il m’écrit, ravi, transporté, ébloui du succès, mais laissant tout derrière lui. Or, si vous ne me tendez pas la perche, me voilà à vau-l’eau. Hetzel donne sa démission après vous avoir donné la vôtre. C’est commode. Et moi, qu’est-ce que je deviens ?

Cher Meurice, revenez-moi en aide. Soyez assez bon pour éclaircir l’affaire Janin. Qu’y a-t-il sous le silence des Débats ? Sondez prudemment, et dites-le moi.

Comment savoir maintenant si mes exemplaires ont été distribués avec les pages signées de moi ? Hetzel n’a-t-il pas un peu jeté tout cela au vent ? Ce qui me le fait croire, c’est que, dans le tourbillon de lettres qui m’arrive, pas une ne me vient de ceux à qui j’ai adressé le livre. Soyez assez bon pour

  1. Bibliothèque Nationale.
  2. Inédite.