Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome IV.djvu/340

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Vous, monsieur, vous et toute votre famille, vous perdez sa présence visible au milieu de vous, mais il vous reste sa présence invisible, et vous gardez son exemple.

Dites ma douleur à votre honorable famille et recevez mon sympathique serrement de main.

Victor Hugo[1].


À Charles[2].


[13 août 1863.]

Je t’écris mon Charles aujourd’hui jeudi. Demain matin vendredi cette lettre partira. Tu la recevras après-demain samedi 16[3] au soir ou au plus tard dimanche 17, matin. Je suppose tous tes préparatifs faits. Préviens notre excellent et cher ami M. A. Busquet, immédiatement. — Après-demain matin samedi 16, je quitterai Guernesey. Je serai à Londres le soir. Dimanche soir je partirai pour Douvres et de là pour Ostende. Nous serons à Ostende lundi matin. Je partirai sur-le-champ, je brûlerai Bruxelles (où je ne veux même pas qu’on sache mon passage), et je serai à Namur vers deux ou trois heures après midi le même jour lundi 18. C’est donc lundi 18 que je t’attends à Namur, hôtel d’Harscamp. Tâche d’y être quand j’arriverai. Nous partirions immédiatement pour Dinant, et dès le lendemain mardi 19, nous serions en voiture et en route. J’ai fait écrire à Dinant à l’Hôtel des Postes pour retenir une voiture.

Ta mère ne sait pas trop encore quand elle quittera Guernesey. Elle veut aller à Paris par Cherbourg, et tu sais combien les départs par la Reine des îles sont incertains, capricieux et ajournés.

Donc, mon Charles bien-aimé, à lundi 18. Rendez-vous Namur, hôtel d’Harscamp. Pars bien vite. Je serai bien heureux de serrer la main de mon charmant et cher poëte Busquet. Je t’embrasse, mon Charles bien-aimé. Soyez exacts. Quel bonheur d’être avec toi ! Et je t’embrasse encore.

V.

Mme Drouet te portera tes bouquins. Elle est bien heureuse de te voir. Elle me recommande de te le dire[4].

  1. Communiquée par M. Fontainas fils.
  2. Inédite.
  3. Ces dates, d’après le calendrier et d’après le carnet même de Victor Hugo, ne sont pas exactes. On lit en effet sur le carnet, à la date du 14 août 1863 : « Je paierai à Charles son voyage. Je lui donne rendez-vous pour lundi 17 à Namur, Hôtel d’Harscamp ». — Un autre détail situe bien cette lettre, c’est la présence d’Alfred Busquet, qui était du voyage de 1863. Voir le volume de Voyages, 1863, Édition de l’Imprimerie Nationale.
  4. Bibliothèque Nationale.