Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome IV.djvu/38

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Reste l’ajournement du départ des condamnés. Je persiste à l’espérer. L’amnistie est réclamée de toutes parts, le départ du 1er mars, s’il avait lieu, préjugerait la question, marquerait peu de souci de l’humanité et peu de déférence pour le vote possible des chambres, et engagerait la responsabilité du gouvernement.

J’ai écrit, pour insister sur ce sursis, selon moi nécessaire, une seconde lettre à M. le président de la République.

Recevez, Monsieur le président et honorable collègue, l’assurance de ma haute considération.

Victor Hugo[1].


À Monsieur le Président de la République.


[20 février 1876.]
M. le P. de la R.

Comme j’ai eu l’honneur de vous l’écrire le 7 février, la Commission des Grâces est absente et le président de cette commission, à laquelle vous avez cru devoir renvoyer l’affaire Simbozel, l’honorable M. Martel, est à Saint-Omer. Il m’écrit que la revision de cette affaire entraînerait des délais inévitables.

D’ici là, le départ des condamnés politiques annoncé pour le 1er mars aura eu lieu.

C’est pour obtenir un sursis à ce départ que j’ai eu l’honneur de vous écrire, permettez-moi de vous le rappeler.

Ce départ est un acte purement administratif. Il dépend du gouvernement de l’ajourner. En présence de l’éventualité de l’amnistie, j’insiste près du gouvernement pour qu’il soit sursis à ce départ.

Je mets sous vos yeux une nouvelle prière qui m’est adressée au nom de huit malheureuses femmes de condamnés compris dans le convoi du 1er mars[2].

Cette lettre vous touchera, je n’en doute pas, et je persiste à espérer de votre humanité un ordre de sursis.

Recevez, etc.[3]

  1. Brouillon relié au manuscrit des Documents, Actes et Paroles. Depuis l’exil, et publié dans l’Historique. Édition de l’Imprimerie Nationale.Bibliothèque Nationale.
  2. Après une nouvelle lettre de Mme Simbozel, Victor Hugo tenta, le 20 février, un dernier effort près du maréchal de Mac-Mahon. Le départ eut pourtant lieu le 1er mars. — La peine de Simbozel fut commuée le 21 juin 1878 en quatre ans de prison ; il fut gracié en janvier 1879.
  3. Brouillon relié au manuscrit des Documents, Actes et Paroles. Depuis l’exil, et publié dans l’Historique. Édition de l’Imprimerie Nationale.Bibliothèque Nationale.