Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome IV.djvu/54

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Il y a dans l’histoire d’un crime un chapitre intitulé : On vient pour m’arrêter. On lit dans ce chapitre que, après cette visite du coup d’état à Victor Hugo, il fut constaté que des manuscrits avaient été volés. Heureusement les principaux manuscrits étaient en sûreté : M. Victor Hugo avait sagement fait de prendre cette précaution. La Défense[1] affirme qu’il prend la même précaution aujourd’hui. Nous laissons à la Défense la responsabilité de cette affirmation, injurieuse pour le gouvernement actuel.

Ce que nous pouvons dire, et dire très haut, c’est que M. Victor Hugo reste à Paris, déterminé, lui aussi, à défendre, jusqu’au bout[2], le droit et la loi ![3]


Au même[4].


5 août 1877.

Cher Auguste, j’ai, vous le savez, l’habitude de donner aux pauvres, et, en particulier, aux familles indigentes des victimes de la guerre civile, mes droits d’auteur sur les choses de moi mises en musique. Je ne pourrais donc, sans frustrer ceux que je veux secourir, concéder gratuitement le droit de publication de douze pièces des Orientales. Vous serez de mon avis, je n’en doute pas.

A vous, cher grand écrivain, ex imo corde.

Victor Hugo[5].


À Madame Lockroy.


18 août.

Merci, chère Alice, votre lettre éclaire ma solitude. Tout ce que vous me dites de nos enfants me charme, mais j’espère que votre prochaine lettre me montrera Lockroy courant avec eux ; comme je tiens à le voir ministre, il faut d’abord que je le voie enfant.

Sauf vos absences, tout est bien ici. Nous vous envoyons à tous toutes nos tendresses, et quant à moi, si vous le permettez, je couvre Georges de caresses et Jeanne de baisers.

V.[6]
  1. Le journal la Défense avait affirmé que, « jugeant la situation grave, Victor Hugo avait mis en sûreté ses manuscrits et songeait à s’y mettre lui-même ». Vacquerie avait envoyé prévenir Victor Hugo.
  2. Allusion aux paroles adressées aux soldats par Mac-Mahon, à la revue du 1er juillet.
  3. Actes et Paroles. Depuis l’exil. Historique. Édition de l’Imprimerie Nationale.
  4. Inédite.
  5. Bibliothèque Nationale.
  6. Maison de Victor Hugo.