Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome IV.djvu/76

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liaire de tout ce qui s’est fait de noble et d’utile dans le sens du progrès littéraire universel, le créateur de tant de fondations excellentes, et l’ami intelligent de l’art et des artistes. Taylor a été un combattant intrépide aux heures décisives, et un vainqueur, secourable même à ceux qu’il avait vaincus.

Je lui serre la main dans le tombeau.

Victor Hugo[1].


Au maire du Havre[2].


Villequier, 15 septembre 1879.
Monsieur le maire.

J’arrive, je reçois votre lettre, et je sens le besoin de vous dire combien je suis touché de la gracieuse invitation que la ville du Havre m’adresse par votre intermédiaire. Malheureusement, tous mes instants sont comptés, et dans deux ou trois jours je suis attendu à Paris. Veuillez être assez bon pour exprimer mon profond regret à vos honorables concitoyens. Il m’eût été bien doux de rendre un public hommage à cette grande et noble Ville du Havre, si républicaine et si française.

Recevez l’assurance de mes sentiments les plus distingués.

Victor Hugo[3].


À Georges. À Jeanne.


Veules, 2 octobre.

Mes bien-aimés, nous rentrons demain à Paris, c’est là que désormais vous m’écrirez. Le ciel est bleu, la mer est bleue, le soleil est splendide, il semble que le mois d’octobre se fait superbe, et me dit : reste ! — Je ne demanderais pas mieux, mais le devoir m’appelle, et j’y retourne. Mes enfants, soyez bénis. Je vous aime plus que jamais. Amusez-vous, soyez contents, soyez heureux, je demande cela à Dieu.

Chère Alice, je vous vois belle et gracieuse comme toujours. Je suis à vos pieds. Mon Georges, ma Jeanne, vous êtes les anges de mon cœur. Bientôt je vous reverrai. Je sens déjà la joie profonde de vous revoir. Amu-

  1. Actes et Paroles. Depuis l’exil. Historique. Édition de l’Imprimerie Nationale.
  2. Inédite. — Victor Hugo était allé passer quelques jours chez Auguste Vacquerie.
  3. Communiquée par la Bibliothèque du Havre.