Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome IV.djvu/96

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À Louis Ulbach.


29 janvier 1885.
Mon cher Ulbach,

Ce n’est pas moi qui fais l’œuvre, c’est vous[1]. Je n’aurai été qu’un prétexte.

C’est ce qui me permet, non de vous remercier, mais de vous féliciter.

Je vous serre la main.

Victor Hugo[2].


À Monsieur Charles Grindou, ouvrier[3].


Paris, 20 mars 1885.
Mon cher Monsieur Charles,

Pardonnez-moi cette intime familiarité : elle rappelle à mon pauvre vieux cœur brisé comme une réminiscence du passé, un écho, hélas ! bien douloureux de mes souvenirs paternels.

Votre bon petit livre[4] est exquis, simple, émouvant.

Écrit par un ouvrier, il honore la sublime famille des travailleurs.

Je l’ai lu et relu d’un bout à l’autre avec un intérêt profond.

Et pourquoi ne pas l’avouer ? Il m’a fait pleurer. Courage ! Continuez, Monsieur ! Il y a en vous certaine étoffe, un grand fond de naturel, beaucoup de cœur ; ce sont là les éléments incontestables qui consacrent le succès.

Je vous remercie mille fois pour votre toute délicate attention, et souffrez que je vous serre paternellement les mains.

Victor Hugo[5].
  1. Louis Ulbach venait de terminer un Almanach de Victor Hugo où l’on pouvait suivre, année par année, les dates des principales œuvres de Victor Hugo. Cet almanach parut d’abord, à partir du 26 février 1885, dans le Figaro.
  2. Collection Louis Barthou.
  3. Inédite.
  4. Les Orphelins de Strasbourg, drame.
  5. Collection Louis Barthou.