Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Histoire, tome I.djvu/289

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Pierre Lefranc leur expliqua que les murs se couvraient en ce moment d’affiches, que les curieux se pressaient pour les lire, qu’il s’était approché de l’une d’elles au coin de sa rue, et que le coup était fait.

— Le coup ! s’écria Michel, dites le crime.

Pierre Lefranc ajouta qu’il y avait trois affiches, un décret et deux proclamations, toutes trois sur papier blanc, et collées les unes contre les autres.

Le décret était en très gros caractères.

L’ancien constituant Laissac, logé, comme Michel (de Bourges), dans le voisinage (4, cité Gaillard), survint. Il apportait les mêmes nouvelles et annonçait d’autres arrestations faites dans la nuit.

Il n’y avait pas une minute à perdre.

On alla prévenir Yvan, le secrétaire de l’Assemblée nommé par la gauche, qui demeurait rue Boursault.

Il fallait se réunir, il fallait avertir et convoquer sur-le-champ les représentants républicains restés libres. Versigny dit : Je vais chercher Victor Hugo.

Il était huit heures du matin, j’étais éveillé, je travaillais dans mon lit. Mon domestique entra, et me dit avec un certain air effrayé :

— Il y a là un représentant du peuple qui veut parler à monsieur.

— Qui ?

— Monsieur Versigny.

— Faites entrer.

Versigny entra et me dit la chose. Je sautai à bas du lit.

Il me fit part du rendez-vous chez l’ancien constituant Laissac.

— Allez vite prévenir d’autres représentants, lui dis-je.

Il me quitta.