Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Histoire, tome I.djvu/426

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Marseillaise. On ôtait les chapeaux sur leur passage, et l’on criait : Vivent nos représentants ! Mais c’était tout.

Ils avaient soif, et la fatigue les gagnait. Rue de Reuilly un homme sortit d’une porte une bouteille à la main et leur offrit à boire.

Sartin les rejoignit en route. Rue de Charonne, ils entrèrent au local de l’association en permanence. Il n’y avait personne. Mais rien n’abattait leur courage.

Comme ils atteignaient la place de la Bastille, Dulac dit à Schœlcher : – Je vous demande la permission de vous quitter une heure ou deux, et voici pourquoi : je suis seul ici à Paris avec ma petite fille qui a sept ans. Depuis huit jours elle a la fièvre scarlatine, et hier, quand le coup d’État est arrivé, elle était à la mort. Je n’ai que cette enfant au monde. Je l’ai quittée ce matin pour venir, et elle m’a dit : – Papa, où vas-tu ? Puisque je ne suis pas tué, je vais voir si elle n’est pas morte.

Deux heures après l’enfant vivait encore, et nous étions en séance de permanence rue Richelieu, n° 15, Jules Favre, Carnot, Michel (de Bourges) et moi, quand nous vîmes entrer Dulac, qui nous dit : – Je viens me mettre à votre disposition.