Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Philosophie, tome I.djvu/101

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C’est possible. Mais il faut désormais que les maux de la société soient traités non par le bistouri, mais par la lente et graduelle purification du sang, par la résorption prudente des humeurs extravasées, par la saine alimentation, par l’exercice des forces et des facultés, par le bon régime. Ne nous adressons plus au chirurgien, mais au médecin.


Beaucoup de bonnes choses sont ébranlées et toutes tremblantes encore de la brusque secousse qui vient d’avoir lieu. Les hommes d’art en particulier sont fort stupéfaits et courent dans toutes les directions après leurs idées éparpillées. Qu’ils se rassurent. Ce tremblement de terre passé, j’ai la ferme conviction que nous retrouverons notre édifice de poésie debout et plus solide de toutes les secousses auxquelles il aura résisté. C’est aussi une question de liberté que la nôtre, c’est aussi une révolution. Elle marchera intacte à côté de sa sœur la politique. Les révolutions, comme les loups, ne se mangent pas.


SEPTEMBRE


Notre maladie depuis six semaines, c’est le ministère et la majorité de la Chambre qui nous l’ont faite ; c’est une révolution rentrée.


On a tort de croire que l’équilibre européen ne sera pas dérangé par notre révolution. Il le sera. Ce qui nous rend forts, c’est que nous pouvons lâcher son peuple sur tout roi qui nous lâchera son armée. Une révolution combattra pour nous partout où nous le voudrons.

L’Angleterre seule est redoutable pour mille raisons.

Le ministère anglais nous fait bonne mine parce que nous avons inspiré au peuple anglais un enthousiasme qui pousse le gouvernement. Cependant Wellington sait par où nous prendre ; il nous entamera, l’heure venue, par Alger ou par la Belgique. Or nous devions chercher à nous lier de plus en plus étroitement avec la population anglaise, pour tenir en respect son ministère ; et, pour cela, envoyer en Angleterre un ambassadeur populaire,