Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu/213

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Et les hautes leçons du sort.
Tu déposas ta douce lyre :
Dès lors, la raison qui t’inspire
Au sénat parla par ta voix ;
Et la Liberté rassurée
Confia sa cause sacrée
À ton bras, défenseur des Rois.

Dans cette arène où l’on t’admire,
Sois fier d’avoir tant combattu,
Honoré du double martyre
Du génie et de la vertu.
Poursuis, remplis notre espérance ;
Sers ton prince, éclaire la France,
Dont les destins vont s’accomplir.
L’Anarchie, altière et servile,
Pâlit devant ton front tranquille
Qu’un tyran n’a point fait pâlir.

Que l’envie, aux pervers unie,
Te poursuive de ses clameurs,
Ton noble essor, fils du Génie,
T’enlève à ces vaines rumeurs ;
Tel l’oiseau du Cap des Tempêtes
Voit les nuages sur nos têtes
Rouler leurs flots séditieux ;
Pour lui, loin des bruits de la terre,
Bercé par son vol solitaire,
Il va s’endormir dans les cieux !

Juillet 1820.