Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu/226

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Et la coupe agreste et fragile
Dont Bacchus a touché l’argile,
Lorsqu’il goûta les premiers vins.


Celui dont le disque mobile
Renversera les trois faisceaux,
Aura cette urne indélébile
Que sculpta d’une main habile
Phlégon, du pays de Naxos.


Juges de la gloire innocente,
Nous offrons au lutteur ardent
Une chlamyde éblouissante
De Sydon, qui, riche et puissante,
Joint le caducée au trident.


Lutteurs, discoboles, athlètes,
Réparez vos forces au bain ;
Puis venez vaincre dans nos fêtes,
Afin d’obtenir des poëtes
Un chant sur le mode thébain !


L’athlète, vainqueur dans l’arène,
Est en honneur dans la cité ;
Son nom, sans que le temps l’entraîne,
Par les peuples est répété,
Depuis cette plage inféconde
Où dort sur la borne du monde
L’Hiver, vieillard au dur sommeil,
Jusqu’aux lieux où, quand naît l’aurore,
On entend sous l’onde sonore
Hennir les coursiers du Soleil.

Janvier 1824.