Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu/237

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


Couché sur ses plaisirs ainsi que sur des proies,
Ses yeux n’exprimeront, durant son vain pouvoir,
Que la honte cachée au sein des fausses joies,
Et l’orgueil qui se lève au fond du désespoir.


De l’enfer aux mortels apportant les messages,
Sa main, semant l’erreur au champ de la raison,
Mêlera dans sa coupe, où boiront les faux sages,
Les venins aux parfums et le miel au poison.
Comme un funèbre mur, entre le ciel et l’homme
Il osera placer un effroyable adieu ;
Ses forfaits n’auront pas de langue qui les nomme ;
Et l’athée effrayé dira : Voilà mon Dieu !


III


Enfin, quand ce héraut du suprême mystère
Aura de crime en crime usé ses noirs destins,
Que la sainte vertu, que la foi salutaire
Trouveront tous les cœurs éteints ;
Quand du signe du meurtre et du sceau des supplices
Il aura marqué ses complices ;
Que son troupeau sera compté ;
Il quittera la vie ainsi qu’une demeure,
Et son règne ici-bas n’aura pour dernière heure
Que l’heure de l’éternité.

1823