Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu/310

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Qu’il recèle une étoile,
Et qu’il soit comme un voile
Entre la vie et moi !


Que la muse qui plonge
En ma nuit pour briller
Le dore et le prolonge,
Et de l’éternel songe
Craigne de m’éveiller !


Que toutes mes pensées
Viennent s’y déployer,
Et s’asseoir, empressées,
Se tenant embrassées,
En cercle à mon foyer !


Qu’à mon rêve enchaînées,
Toutes, l’œil triomphant,
Le bercent inclinées,
Comme des sœurs aînées
Bercent leur frère enfant !


III


On croit sur la falaise,
On croit dans les forêts,
Tant on respire à l’aise,
Et tant rien ne nous pèse,
Voir le ciel de plus près.


Là, tout est comme un rêve ;
Chaque voix a des mots,
Tout parle, un chant s’élève
De l’onde sur la grève,
De l’air dans les rameaux.