Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu/311

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée



C’est une voix profonde,
Un chœur universel,
C’est le globe qui gronde,
C’est le roulis du monde
Sur l’océan du ciel.


C’est l’écho magnifique
Des voix de Jéhova,
C’est l’hymne séraphique
Du monde pacifique
Où va ce qui s’en va ;


Où, sourde aux cris de femmes,
Aux plaintes, aux sanglots,
L’âme se mêle aux âmes,
Comme la flamme aux flammes,
Comme le flot aux flots !


IV


Ce bruit vaste, à toute heure,
On l’entend au désert.
Paris, folle demeure,
Pour cette voix qui pleure
Nous donne un vain concert.


Oh ! la Bretagne antique !
Quelque roc écumant !
Dans la forêt celtique
Quelque donjon gothique !
Pourvu que seulement


La tour hospitalière
Où je pendrai mon nid,