Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu/312

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Ait, vieille chevalière,
Un panache de lierre
Sur son front de granit.


Pourvu que, blasonnée
D’un écusson altier,
La haute cheminée,
Béante, illuminée,
Dévore un chêne entier ;


Que, l’été, la charmille
Me dérobe un ciel bleu ;
Que l’hiver ma famille,
Dans l’âtre assise, brille
Toute rouge au grand feu ;


Dans les bois, mes royaumes,
Si le soir l’air bruit,
Qu’il semble, à voir leurs dômes,
Des têtes de fantômes
Se heurtant dans la nuit ;


Que des vierges, abeilles
Dont les cieux sont remplis,
Viennent sur moi, vermeilles,
Secouer dans mes veilles
Leur robe à mille plis !


Qu’avec des voix plaintives
Les ombres des héros
Repassent fugitives,
Blanches sous mes ogives,
Sombres sur mes vitraux !