Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu/493

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Aussi, gaîment je siffle, affrontant leur colère,
Royer à la tribune et Bavoux dans sa chaire ;
Au cou de Rodilard j’attache le grelot,
Et du bonnet d’Hébert, je coiffe Montar***.
Quand Grégoire au sénat vient remplir un banc vide,
Je le hais libéral, je le plains régicide,
Et s’il pleurait son crime, au lieu de s’estimer,
S’il s’exécrait lui-même, oui, je pourrais l’aimer.
Ainsi, jeune et brûlant d’un courroux qui m’honore,
Je fronde un siècle impur, censeur sans tache encore,
Qui ne saurai jamais, peu fait pour parvenir,
Dans l’esclave en faveur voir le maître à venir.

Toi, cependant, aux lois de ta langue inconnue
Courbe ton front bizarre, élancé dans la Que,
Poursuis, cher télégraphe, agite tes grands bras ;
Semblable à ce baron, fameux par son fatras,
Qui, grattant son cerveau, l’œil en pleurs, le teint blême,
Annonce un grand secret, qu’il ne sait pas lui-même.