Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu/496

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Une fois, il est vrai, surpassant Catinat,
Turenne mit en feu tout le Palatinat.
Mais tout cela n’est rien : qu’on songe à la Vendée,
Et d’un bel incendie on aura quelque idée ;
Vois Moscow, vois Berlin, et du sud jusqu’au nord
De cent vastes cités les murs fumants encor…
Qu’en dis-tu ?… Prouve aussi que, bien qu’il fût despote,
Ce Louis, après tout, n’était pas patriote.
A-t-il, pour mériter qu’on lui fût si soumis,
Construit une colonne en canons ennemis ?
À cet enseignement, dont notre âge raffole,
Jamais ce prince ignare ouvrit-il une école [1] ?…
Il est bon, vois-tu bien, d’avoir à rapporter
Des faits sûrs, de ces faits qu’on ne peut contester.
Ne crains pas les braillards, car toujours la Minerve
Tiendra pour te défendre une lance en réserve ;
Et, si tu sais venger d’une odieuse loi
Ces innocents bannis qui n’ont tué qu’un roi ;
Si tu sais, du parti digne et généreux membre,
En citoyen zélé chérir l’heureux septembre,
On te verra dans peu, de tes mâles écrits,
À la face du monde enrichir l’Homme gris ;
Et, grâce aux souscripteurs, affrontant les amendes,
Saper les vieux abus dans les Lettres normandes.
Est-ce assez ?


L’ADEPTE

Il suffit : pour rester en repos,
Je vais, par un fait seul, vous répondre à propos.
Hier, manquant d’argent, vint s’asseoir à ma table
Macer, cet ami sûr, ce parfait pauvre diable.
« Ah ! mon cher, me dit-il, je n’ai plus d’avenir.
Un jeune homme en nos jours ne saurait parvenir.
Tu sais que, préférant l’or à la renommée,
De nos indépendants j’ai dû grossir l’armée.
Cherchant donc à paraître, en un pamphlet du jour,
Je voulus, l’autre mois, me produire à mon tour.
D’abord, pillant partout des phrases rajeunies,
Je m’étais fait un fonds de quelques calomnies ;

  1. Nous ne prétendons pas condamner l’enseignement mutuel. Cette méthode peut être utile : il y a du ridicule à la trouver admirable ;
    Et le malheur de ce qu’on vante
    Est d’être ensuite rabaissé.

    Le temps jugera, et il jugera bien ; car c’est lui qui nous a fait connaître l’excellence des écoles chrétiennes.