Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu/637

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I

LE FEU DU CIEL.

24. Alors le Seigneur fit descendre du ciel sur Sodome et sur Gomorrhe une pluie de soufre et de feu.
25. Et il perdit ces villes avec tous leurs habitants, tout le pays à l’entour avec ceux qui l’habitaient, et tout ce qui avait quelque verdeur sur la terre.
(Genèse.)

I

La voyez-vous passer, la nuée au flanc noir ?
Tantôt pâle, tantôt rouge et splendide à voir,
Morne comme un été stérile ?
On croit voir à la fois, sur le vent de la nuit,
Fuir toute la fumée ardente et tout le bruit
De l’embrasement d’une ville.

D’où vient-elle ? des cieux, de la mer ou des monts ?
Est-ce le char de feu qui porte des démons
À quelque planète prochaine ?
Ô terreur ! de son sein, chaos mystérieux,
D’où vient que par moments un éclair furieux
Comme un long serpent se déchaîne ?

II

La mer ! partout la mer ! des flots, des flots encor.
L’oiseau fatigue en vain son inégal essor.