Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu/686

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LE SECOND FRÈRE.

Un homme alors passait ? un homme en caftan vert ?


LA SŒUR.

Oui… peut-être… mais son audace
N’a point vu mes traits dévoilés…
Mais vous vous parlez à voix basse,
À voix basse vous vous parlez.
Vous faut-il du sang ? Sur votre âme,
Mes frères, il n’a pu me voir.
Grâce ! tuerez-vous une femme,
Faible et nue en votre pouvoir ?


LE TROISIÈME FRÈRE.

Le soleil était rouge à son coucher ce soir.


LA SŒUR.

Grâce ! qu’ai-je fait ? Grâce ! grâce !
Dieu ! quatre poignards dans mon flanc !
Ah ! par vos genoux que j’embrasse…
Ô mon voile ! ô mon voile blanc !
Ne fuyez pas mes mains qui saignent,
Mes frères, soutenez mes pas !
Car sur mes regards qui s’éteignent
S’étend un voile de trépas.


LE QUATRIÈME FRÈRE.

C’en est un que du moins tu ne lèveras pas !


1er septembre 1828.