Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu/701

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XVII

LE RAVIN.


…Alte fosse
Che vallan quella terra sconsolata.
Dante.


Un ravin de ces monts coupe la noire crête ;
Comme si, voyageant du Caucase au Cédar,
Quelqu’un de ces Titans que nul rempart n’arrête

Avait fait passer sur leur tête
La roue immense de son char.


Hélas ! combien de fois, dans nos temps de discorde,
Des flots de sang chrétien et de sang mécréant,
Baignant le cimeterre et la miséricorde,
Ont changé tout à coup en torrent qui déborde

Cette ornière d’un char géant !


Avril 1828.