Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome IX.djvu/247

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Tous les crimes masqués et tous les vices nus ;
Rome appelle à son lit tous ces passants infâmes ;
Rome, l’entremetteuse et la marchande d’âmes,
Rit, et se prostitue, une tiare au front ;
Et, tandis que Brutus tressaille de l’affront
Et que Trajan frémit sur sa haute colonne,
Eux, ces fous, se livrant à cette Babylone,
Chantent, et, croyant voir la céleste Sion,
D’elle ils adorent tout, fraude, inquisition,
La luxure, l’horreur, le bûcher, le massacre,
Et les saints qu’elle fait et les rois qu’elle sacre,
Et, l’extase au cœur, fiers du joug, captifs, amants,
Ils respirent l’odeur de ses vomissements !

Et dire que la terre est tout entière en proie
Aux affirmations de ces prêtres sans joie,
Sans pitié, sans bonté, sans flambeau, sans raison,
Dont l’ombre, l’ombre, l’ombre et l’ombre est l’horizon !