Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome IX.djvu/268

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En astres dans un ciel, en roses dans un champ ;
C’est, ici, là, partout, en haut, en bas, sans trêve,
Hier, aujourd’hui, demain, sur le fait, sur le rêve,
Sur le fourmillement des lueurs et des voix,
Sur tous les horizons de l’abîme à la fois,
Sur le firmament bleu, sur l’ombre inassouvie,
Sur l’être, le déluge immense de la vie !
C’est l’éblouissement auquel le regard croit.
De ce flamboiement naît le vrai, le bien, le droit ;
Il luit mystérieux dans un tourbillon d’astres ;
Les brumes, les noirceurs, les fléaux, les désastres
Fondent à sa chaleur démesurée, en tout
En sève, en joie, en gloire, en amour, se dissout ;
S’il est des cœurs puissants, s’il est des âmes fermes,
Cela vient du torrent des souffles et des germes
Qui tombe à flots, jaillit, coule, et, de toutes parts,
Sort de ce feu vivant sur nos têtes épars.
Il est ! il est ! Regarde, âme. Il a son solstice,
La Conscience ; il a son axe, la Justice ;
Il a son équinoxe, et c’est l’Egalité ;
Il a sa vaste aurore, et c’est la Liberté.
Son rayon dore en nous ce que l’âme imagine.
Il est ! il est ! il est ! sans fin, sans origine,
Sans éclipse, sans nuit, sans repos, sans sommeil.

Renonce, ver de terre, à créer le soleil.



IV. Des voix  

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