Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome VII.djvu/101

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Sont-ce les anges du soufre ?
Voyons-nous quelque essaim bleu
D’argyraspides du gouffre
Fuir sur des chevaux de feu ?

Est-ce le Dieu des désastres,
Le Sabaoth irrité,
Qui lapide avec des astres
Quelque soleil révolté ?


II


Mais qu’importe ! l’herbe est verte,
Et c’est l’été ! ne pensons,
Jeanne, qu’à l’ombre entr’ouverte,
Qu’aux parfums et qu’aux chansons.

La grande saison joyeuse
Nous offre les prés, les eaux,
Les cressons mouillés, l’yeuse,
Et l’exemple des oiseaux.

L’été, vainqueur des tempêtes,
Doreur des cieux essuyés,
Met des rayons sur nos têtes
Et des fraises sous nos pieds.

Été sacré ! l’air soupire
Dieu, qui veut tout apaiser,
Fait le jour pour le sourire
Et la nuit pour le baiser.