Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome VII.djvu/104

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L’elfe tombe des lianes
Avec des fleurs plein les mains ;
On voit de pâles dianes
Dans la lueur des chemins ;
 
L’ondin baise les nymphées ;
Le hallier rit quand il sent
Les courbures que les fées
Font aux brins d’herbe en passant.

Viens ; les rossignols t’écoutent ;
Et l’éden n’est pas détruit
Par deux amants qui s’ajoutent
À ces noces de la nuit.

Viens ; qu’en son nid qui verdoie,
Le moineau bohémien
Soit jaloux de voir ma joie,
Et ton cœur si près du mien !

Charmons l’arbre et sa ramure
Du tendre accompagnement
Que nous faisons au murmure
Des feuilles, en nous aimant.

À la face des mystères.
Crions que nous nous aimons !
Les grands chênes solitaires
Y consentent sur les monts.

Ô Jeanne, c’est pour ces fêtes,
Pour ces gaîtés, pour ces chants,
Pour ces amours, que sont faites
Toutes les grâces des champs !