Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome VII.djvu/138

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J’ai vu les nobles broussailles ;
J’étais du royal jardin ;
J’ai vu Lachaise à Versailles
Comme Satan dans Éden.

Une grille verrouillée,
Duègne de fer, me gardait ;
Car la campagne est souillée
Par le bœuf et le baudet,

L’agriculture est abjecte,
L’herbe est vile, et vous saurez
Qu’un arbre qui se respecte
Tient à distance les prés.

Ainsi parlait sous mes voûtes
Le bon goût, sobre et direct.
J’étais loin des grandes routes
Où va le peuple, incorrect.

Le goût fermait ma clôture ;
Car c’est pour lui l’A B C
Que, dans l’art et la nature,
Tout soit derrière un fossé.


II


J’ai vu les cœurs peu rebelles,
Les grands guerriers tourtereaux,
Ce qu’on appelait les belles,
Ce qu’on nommait les héros.