Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome VII.djvu/170

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



III


GARE !


On a peur, tant elle est belle !
Fût-on don Juan ou Caton.
On la redoute rebelle ;
Tendre, que deviendrait-on ?

Elle est joyeuse et céleste !
Elle vient de ce Brésil
Si doré qu’il fait du reste
De l’univers un exil.

À quatorze ans épousée,
Et veuve au bout de six mois.
Elle a toute la rosée
De l’aurore au fond des bois.

Elle est vierge ; à peine née.
Son mari fut un vieillard ;
Dieu brisa cet hyménée
De Trop tôt avec Trop tard.

Apprenez qu’elle se nomme
Doña Rosita Rosa ;
Dieu, la destinant à l’homme,
Aux anges la refusa.