Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome VII.djvu/189

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Quand l’Hékla brûle sa suie,
Quand flambe l’Etna grognon,
Le fumiste qui l’essuie
Est un rude compagnon ;

L’orage est grand dans son antre ;
Le nuage, hydre des airs,
Est splendide quand son ventre
Laisse tomber les éclairs ;

Un cri fier et redoutable,
De hautes rébellions
Sortent de la fauve étable
Des tigres et des lions ;

Certes, c’est une œuvre ardue
D’allumer le jour levant,
D’ouvrir assez l’étendue
Pour ne pas casser le vent,

Et de donner à la houle
Un si gigantesque élan
Que, d’un seul bond, elle roule
De Behring à Magellan.

Emplir de fureur les bêtes
Et le tonnerre de bruit ;
Gonfler le cou des tempêtes
Des sifflements de la nuit ;

Tirer, quand la giboulée
Fouette le matin vermeil,
De l’écurie étoilée
L’attelage du soleil ;