Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome VII.djvu/223

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I


DE LA FEMME AU CIEL.


L’âme a des étapes profondes.
On se laisse d’abord charmer.
Puis convaincre. Ce sont deux mondes.
Comprendre est au delà d’aimer.

Aimer, comprendre : c’est le faîte.
Le Cœur, cet oiseau du vallon,
Sur le premier degré s’arrête ;
L’Esprit vole à l’autre échelon.

À l’amant succède l’archange ;
Le baiser, puis le firmament ;
Le point d’obscurité se change
En un point de rayonnement.

Mets de l’amour sur cette terre
Dans les vains brins d’herbe flottants,
Cette herbe devient, ô mystère !
Le nid sombre au fond du printemps.

Ajoute, en écartant son voile,
De la lumière au nid béni.
Et le nid deviendra l’étoile
Dans la forêt de l’infini.


31 mai 1859, Serk.