Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome VII.djvu/226

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En regardant par la croisée,
Ô joie ! on sentait là quelqu’un,
L’eau bénite était en rosée,
Et l’encens était en parfum.

Les rayons à leur arrivée,
Et les gais zéphirs querelleurs,
Allaient de travée en travée
Baiser le front penché des fleurs.

Toute la nef, d’aube baignée,
Palpitait d’extase et d’émoi.
— Ami, me dit une araignée,
La grande rosace est de moi.


II


 
Tout était d’accord dans les plaines,
Tout était d’accord dans les bois
Avec la douceur des haleines,
Avec le mystère des voix.

Tout aimait ; tout faisait la paire,
L’arbre à la fleur disait : Nini ;
Le mouton disait : Notre Père,
Que votre sainfoin soit béni !

Les abeilles dans l’anémone,
Mendiaient, essaim diligent ;
Le printemps leur faisait l’aumône
Dans une corbeille d’argent.