Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome VII.djvu/310

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Le prodige, c’est l’avenir ;
C’est la vie idéalisée,
Le ciel renonçant à punir,
L’univers fleur et Dieu rosée.

Plonge dans l’inconnu sans fond !
Cours, passe à travers les trouées !
Et, du vent que dans le ciel font
Tes vastes plumes secouées.

Tâche de renverser les tours,
Les geôles, les temples athées,
Et d’effaroucher les vautours
Tournoyant sur les Prométhées.

Vole, altier, rapide, insensé,
Droit à la cible aux cieux fixée,
Comme si je t’avais lancé,
Flèche, de l’arc de ma pensée.


VI


Pourtant sur ton dos garde-moi ;
Car tous mes songes font partie
De ta crinière, et je ne voi
Rien sur terre après ta sortie.

Je veux de telles unions
Avec toi, cheval météore,
Que, nous mêlant, nous parvenions
À ne plus être qu’un centaure.