Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome VII.djvu/37

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Les plus beaux noms de la Sicile
Et de la Grèce ne font pas
Que l’âne au fouet soit plus docile,
Que l’amour fuie à moins grand pas.

Les fleurs sont à Sèvre aussi fraîches
Que sur l’Hybla, cher au sylvain ;
Montreuil mérite avec ses pêches
La garde du dragon divin.

Marton nue est Phyllis sans voiles ;
Fils, le soir n’est pas plus vermeil,
Sous son chapeau d’ombre et d’étoiles,
À Blanduse qu’à Montfermeil.

Bercy pourrait griser sept sages ;
Les Auteuils sont fils des Tempés ;
Si l’Ida sombre a des nuages,
La guinguette a des canapés.

Rien n’est haut ni bas ; les fontaines
Lavent la pourpre et le sayon ;
L’aube d’Ivry, l’aube d’Athènes,
Sont faites du même rayon.

J’ai déjà dit parfois ces choses,
Et toujours je les redirai ;
Car du fond de toutes les proses
Peut s’élancer le vers sacré.

Si Babet a la gorge ronde,
Babet égale Pholoé.
Comme Chypre la Beauce est blonde,
Larifla descend d’Évohé.