Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome VII.djvu/80

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C’est la sombre calculatrice ;
Elle a la ruse du dragon ;
Elle est fée ; et c’est en Jocrisse
Qu’elle transfigure Harpagon.

Elle compose ses trophées
De vins bus, de brelans carrés,
Et de bouteilles décoiffées,
Et de financiers dédorés.

Et puis, tout change et tourne en elle ;
L’aile de Cupidon connaît
Ses sens, son cœur, sa tête, et l’aile
Des moulins connaît son bonnet.

Sa vie est un bruyant poëme ;
On soupe, on rit, point de souci,
Et les verres sont de bohême.
Et les buveurs en sont aussi.

Ce monstre adorable et terrible
Ne dit pas Toujours, mais Encor !
Et, rempli de nos cœurs, son crible
Ne laisse passer que notre or.

Hélas ! pourquoi ces laideurs basses
S’imprimant toutes à la fois,
Dieu profond ! sur ces jeunes grâces
Faites pour chanter dans les bois !