Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome VII.djvu/95

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



V


Ami, j’ai quitté vos fêtes.
Mon esprit, à demi-voix,
Hors de tout ce que vous faites,
Est appelé par les bois.

J’irai, loin des murs de marbre,
Tant que je pourrai marcher,
Fraterniser avec l’arbre,
La fauvette et le rocher.

Je fuirai loin de la ville
Tant que Dieu clément et doux
Voudra me mettre un peu d’huile
Entre les os des genoux.

Ne va pas croire du reste
Que, bucolique et hautain,
J’exige, pour être agreste,
Le vieux champ grec ou latin ;

Ne crois pas que ma pensée,
Vierge au soupir étouffé,
Ne sachant où prendre Alcée,
Se rabatte sur d’Urfé ;

Ne crois pas que je demande
L’Hémus où Virgile erra.
Dans de la terre normande
Mon églogue poussera.