Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome X.djvu/154

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Le duc Gallus.

En outre il a l’astuce
d’être beau.


Gunich.

Prétendant à deux tranchants.
Avec un sourire.
Je l’eusse
supprimé.


Le duc Gallus.

Ce garçon est deux fois mon rival.


Gunich.

Droit, mince, il doit avoir bonne mine à cheval.


Le duc Gallus.

En politique il a son droit, et près des femmes
sa figure.


Gunich.

Il fallait, lorsque nous triomphâmes,
en finir de l’enfant. Certe, ainsi nous eussions
dans leur source extirpé les révolutions.
L’obscure pression des successeurs possibles
trouble un règne ; un amas d’incidents invisibles
se forme, et le pouvoir ne peut se maintenir.
Qui veut régner doit faire eunuque l’avenir.
Monseigneur, on verrait du fait qui vous tracasse
rire Machiavel.


Le duc Gallus.

Et plus encor Boccace.
Oh ! Ce George ! Abuser de ce qu’il n’est pas roi
pour aimer, profiter de son retrait d’emploi
pour me prendre ma place ici. Quelle canaille !
Dois-je persévérer ? Faut-il que je m’en aille ?
Conclusion : je suis dans un bois, et volé.
Cupidon à Jupin escroque Sémélé.
George est dans le réel, moi je suis dans le rêve.