Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome X.djvu/156

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Le duc Gallus.

Moqueur !


Gunich.

Vous, prince !


Le duc Gallus.

On prend un trône, on ne prend pas un cœur.
Pourtant je lutterai.


Gunich.

Mais il est d’autres femmes.


Le duc Gallus.

Non.
Surprenant un ricanement de Gunich.
Sous ta flatterie on sent tes épigrammes.
Tu penses que je suis inepte. Je te dis
que mes aïeux livraient bataille un contre dix,
qu’étant grison, je dois affronter ce jeune homme,
que j’ignore comment cette fille se nomme,
que j’ai marché dans l’herbe et bu dans les ruisseaux,
que depuis ce matin j’entends un tas d’oiseaux
qui font l’amour dans l’ombre au-dessus de ma tête,
que George est bien plus fort que moi, puisqu’il est bête,
du moins je le suppose en voyant son succès,
que je devrais m’enfuir si je réfléchissais,
que puisque cette fille habite une masure
elle rêve un palais, qu’elle est vaine, peu sûre,
coquette, pauvre, avec des fleurs dans ses cheveux,
et que c’est pour cela, butor, que je la veux !
Je te dis qu’il n’est pas d’autre femme sur terre.


Gunich.

Le couple se croit seul en ce burg solitaire,
observons-les. J’entends dans l’escalier des pas.
Ce sont eux. Les voilà de retour ici-bas.


Le duc Gallus.

Que de choses seront à la mort révélées !