Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome X.djvu/201

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Sillette.

                                 Ainsi
tous les jours on nous fait de la musique ici.
C’est un assez beau luxe à Paris. à ces arbres,
déjà pas mal ornés de grottes et de marbres,
tous les matins, à l’heure où le parc est désert,
on ajoute la grâce aimable d’un concert.
Qui paie ? On ne sait pas. Mais l’aubade est exquise.


Nantais.

Et pendant ce temps-là madame la marquise…


Sillette.

Dort. Madame est rentrée assez tard, des Bouffons,
d’un bal, qui coûte au duc mille écus de chiffons,
ou de la comédie, ou du brelan, que sais-je ?
Elle s’est attablée avec tout son cortège,
ayant sur son sofa son chat et son abbé,
puis on a voulu boire, et le punch a flambé,
elle a soupé, dansé, que c’est une folie,
elle a tout ce temps-là, mon cher, été jolie.
Fatigue. Toujours rire, et vivre au paradis,
cela vous courbature. Et le matin, tandis
qu’elle sommeille, après ces peines infinies,
les hommes à madame offrent des symphonies
qu’elle n’entend pas même ; ils sont faits pour cela.


Nantais.

Ces filles-là !
La porte à gauche vient de s’ouvrir. Zabeth paraît ; elle est
enveloppée d’un surtout
de satin et de fourrure, et elle a sa faille et son manchon. Elle
écoute.
Sillette, à nantais.
Silence. On vient.
Zabeth, à part.
Ces filles-là !
Haut, à Sillette.
Ma chaise est-elle en bas ?