Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome X.djvu/209

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Don Juan extérieur, Pyrame incognito,
on se croit libertin. Point. On est platonique.
On couve en souriant un vague amour chronique.
On aime l’âme, et non la chair fragile, on croit
n’être que gris, hélas ! On est ivre. L’œil froid
masque le cœur brûlant.


Gallus.

Dadais métaphysique !
Hors la bonne cuisine et la bonne musique,
qui sont la même chose au fond, je n’aime rien.


Gunich.

Hum ! Parfois le lion a dans sa cage un chien.
Il croit d’abord qu’il va le manger ; puis il l’aime.


Gallus.

Rien ne m’enivre.


Gunich.

Hum !


Gallus.

Je suis froid par système.


Gunich.

Hum !


Gallus.

Tu dis ?…


Gunich.

Est-ce un cri factieux ? Je dis : hum !


Gallus.

Mon cœur est le sommeil.


Gunich.

L’amour est l’opium.
Pardon, le cœur d’un prince, on ne sait trop qu’en dire.
Livre doré sur tranche où l’on n’ose pas lire.
Pourtant permettez-vous que…