Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome X.djvu/211

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c’est toujours jeune, et l’aube est toujours la plus forte.
Oui, pour comprendre l’ombre et les cieux infinis,
l’astre et la fleur, Chloé se penche sur Daphnis,
oui, Nella cherche George, oui, les Agnès épellent
les Chérubins ; jeunesse et jeunesse s’appellent.
Est-ce toi, printemps ? Dit la fauvette tout bas.
Il faut les bleus sommets pour les tendres ébats.
Résignons-nous. Rions.


Gunich.

Monseigneur se résigne.
Il est grand, puissant, riche, illustre, auguste, insigne,
et son manteau royal d’aigles est parsemé.


Gallus.

à quoi cela sert-il si l’on n’est pas aimé !


Gunich.

Vous êtes toujours sûr, vous, prince, d’être au faîte.


Gallus.

Devant les femmes, non. L’orgueil du rang est bête.
Pour la femme, un roi passe après son page. Un duc
ne vaut point ses laquais, mon cher, s’il est caduc.
Aucun soleil couchant n’a droit à l’espérance.
Le sage ne fait pas aux jeunes concurrence ;
il ne va pas livrer un sot amour risqué
aux quolibets des gens qui flânent sur le quai ;
il voit son œil s’éteindre auprès d’un œil qui brille ;
il s’observe. Devant n’importe quelle fille,
devant une catau de trente sous, on est
allié des Habsbourg et des Plantagenet,
Landgrave palatin, duc d’Autriche, infant d’Este,
prince !… --on voit ses cheveux blanchir, on est modeste.


Gunich.

On se poudre !