Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome X.djvu/268

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Le levant s’emplit de l’ombre
De tout le gouffre béant.

Une main est-ce la vôtre,
Dieu ? — Tire, en l’azur désert,
Les astres l’un après l’autre
Du puits de l’abîme ouvert.


III


Nuit partout. Rien ne résiste,
Au couchant comme au midi.
On sent la nature triste,
Dieu froid, le mal enhardi.

Dans l’univers où s’efface
Le nombre et le mouvement,
Les visions de l’espace
Vont et viennent vaguement ;

Et, tremblante dans ta gloire,
Tu regardes, ô Vénus,
Cette grande maison noire
Pleine de pas inconnus.


IV


Les caps aux lugubres formes
Se dressent de tous côtés
Comme des talons énormes
D’archanges précipités.

L’eau bat le roc qu’elle insulte,
Le vent bat l’eau qu’il poursuit ;