Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome X.djvu/289

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Novembre souffle, la terre
Frémit, la bourrasque fond ;
Les flèches du sagittaire
Sifflent dans le ciel profond.


III


— Cocher, d’où viens-tu ? Dit l’arbre.
— Où vas-tu ? Dit l’eau qui fuit.
Le cocher est fait de marbre
Et le coche est fait de nuit.

Il emporte beauté, gloire,
Joie, amour, plaisirs bruyants ;
La voiture est toute noire,
Les chevaux sont effrayants.

L’arbre en frissonnant s’incline.
L’eau sent les joncs se dresser.
Le buisson sur la colline
Grimpe pour le voir passer.


IV


Le brin d’herbe sur la roche,
Le nuage dans le ciel,
Regarde marcher ce coche,
Et croit voir rouler Babel.

Sur sa morne silhouette,
Battant de l’aile à grands cris,
Volent l’orage, chouette,
Et l’ombre, chauve-souris.