Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome X.djvu/406

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


— Allez ! Le fleuve gronde et le vent se courrouce.
Allez ! Allez, les rois ! Où vont-ils ? Qui les pousse,
N’ayant plus d’intérêt dans ce monde vivant ?
Et qu’est-ce donc qu’ils ont à marcher en avant ?
Allez ! Allez ! Où donc les mènes-tu, nuit blême ?
Nuit ! Ces trois rois en vont chercher un quatrième.

Ce quatrième-là, comment le raconter ?

Venu pour tout corrompre et pour tout éhonter,
Il ne fut pas le roi du sang, mais de l’écume.
L’autre était le soleil, il vint, et fut la brume ;
Il fut l’impur miasme, il fut l’extinction
De la dernière haleine et du dernier rayon ;
Il répandit sur l’âme humaine exténuée
Tout ce que le bourbier peut jeter de nuée.
Il s’appela Rosbach, il s’appela Terray ;
Adieu le pur, le grand, le saint, le beau, le vrai !
Corruption, débauche, impudeur, arbitraire,
Un sinistre appétit de faire le contraire
De ce que veut l’honneur, un satyre à l’affût,
Boue et néant, voilà ce que cet homme fut.
D’autres rois ont été flairés par les orfraies ;
Ils ont été les pleurs, les tortures, les plaies,
Les terreurs, les fléaux ; celui-ci fut l’affront,
On vit sous lui le front de la France, ce front
Où la lueur de Dieu s’épanouit et monte,
Apprendre la courbure horrible de la honte ;
Ô deuil ! Le drapeau franc et la peur mariés,
Deux vils sauve-qui-peut en même temps criés
Ici par la faillite, et là, par la déroute ;
La vieille honnêteté publique croulant toute ;