Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XII.djvu/131

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XXVII JARDINS DE LA MARGRAVE SIBYLLE



Le jardin était plein de bonne: compagnie.
Thérèse dans un coin, avec quelque ironie,
Tenait sa cour, menant du bout de l'éventail
Des ducs, des financiers, des prélats, son bétail;
Les terrasses étaient tout en charmille, et mainte
Rhadamire y jasait avec quelque Aramynthe;
 
Dans l'ombre au fond d'un antre un vieux faune courbé
Faisait du bel esprit avec un jeune abbé;
Deux philosophes gris, se prodiguant le geste,
Disputaient, et mêlaient le Phédon au Digeste;
L'un répondait Quia quand l'autre disait Cur;
Les grottes rayonnaient, et, dans le clair-obscur,
On. voyait les bras nus et les gorges de marbre
Des déesses riant parmi les branches d'arbre,
Pendant que des marquis en manteaux espagnols
Leur lisaient des sonnets sifflés des rossignols.